L’oubli est-il orange ?

de peur que j'oublie

Marie-Noël Rio publie aux Editions du Sonneur son quatrième ouvrage. Pas un roman, pas un récit, un objet littéraire terriblement attachant : une suite en textes majeurs, succession de « dépositions », « témoignages », fragments de journal intime, … tout ce qui a rythmé la fin de vie de Huguette, pensionnaire à Mon Foyer, le nom merveilleusement cynique de cette maison de retraite, antichambre de l’au-delà. Et l’affection et le remords nous viennent au fil de la lecture, car toutes et tous nous avons connu de ces résidents des foyers de fin de vie (vivent les litotes). Nous lisons avidement ces lignes qui témoignent de la cupidité de l’une, du mépris de l’autre, de l’ignorance coupable des proches, du rejet viscéral des vivants devant l’inacceptable, la mémoire qui se délite, la souffrance qui s’en suit, le chagrin de ces vieux qui pleurent alors même qu’ils ne sont déjà plus là. Quel tour de force celui de ce livre de Marie-Noël Rio que vous ne pourrez lâcher une seconde, où chaque situation fera écho et dont la langue est à la fois simple et belle. Chapeau Madame !

À propos

Médiation culturelle, organisation d'ateliers d'écriture et de rencontres avec les auteurs, animation autour du livre et des métiers du livre.

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Publié dans Librairie
2 comments on “L’oubli est-il orange ?
  1. comptoirdimages dit :

    Bonjour,
    Photographe de reportages et éditeur, je souhaiterais vous proposer ma participation à la prochaine édition de « Les Confidentiels ». Je vous remercie de bien vouloir me donner des détails à ce sujet. Bien cordialement
    Philippe Montillier
    http://www.comptoirdimages.com

  2. […] Huguette Bonin-Petitjean a été "placée" à Mon Foyer, une maison de retraite médicalisée, la moins chère de cette ville de Picardie. Elle perdait la tête, elle était seule, que faire d’autre ? A la manière d’une pièce de théâtre, quelque-uns parmi celles et ceux qui la connaissent, qui l’ont connue nous parlent d’elle, avant de céder la place à son propre journal, et le mot final à sa belle-fille, Laure. Laure qui aura été la seule à percevoir "l’être unique, précieux, irremplaçable" qu’elle était, Huguette. "Et notre commune humanité." Une petite fourmi industrieuse, une souris invisible, incolore et plate, dans une ville moyenne en décrépitude, le respect des conventions, des usages, une vie sacrifiée sur l’autel du vide, quelqu’un à qui personne ne s’intéresse, pas même elle, les années qui passent et s’entassent et l’absence de choix, l’acceptation résignée du rien, l’injustice. 99 pages qui crient l’effroi en s’appliquant à ne pas dépasser, qui choisissent la narration la plus dépouillée pour exposer une vie et sa fin. Lucide, mordant, terrible. A lire, le joli billet d’Hélène Camus : "L’oubli est-il orange ?". […]

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